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samedi 12 mars 2011

Ink me


Je ne vais pas lancer un débat, ni tenter de philosopher sur le pourquoi, du comment on peut en venir à avoir l'irrépressible envie de se mettre dans des positions plus ou moins confortables pendant des heures, le tout pour se faire arracher la couche supérieure de l'épiderme a vif et y foutre de l'encre en plein milieu. Toujours est-il qu'au delà des modes, et du souci du paraître et du regard des autres, il est des envies irraisonnées et irraisonnables de graver en soi des mots ou des symboles. Faire couler le sang, là où des larmes ont autrefois coulées, inscrire dans sa chair la mémoire d'instant ou de personnes que l'on a tant aimées.

La douleur physique passe, l'endorphine est terriblement efficace et l'on a vite plus qu'une envie: recommencer, encore et toujours. Entendre le bruit de la machine, sentir l'encre, avoir l'aiguille dans la peau... et c'est comme cela que l'on développe une addiction. Car ces douleurs là passent, ces douleurs là en valent la peine, ces douleurs là nous suivent... et font de nous ce que nous sommes.


Toujours est il que voilà, mes tatouages représentent chacun quelque chose de tellement fort pour moi qu'ils me semblent incompréhensibles pour les autres... Et celui ci, mon "petit" dernier, dans sa petite enveloppe, il contient tout l'amour et l'espoir du monde... <3 
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mercredi 9 mars 2011

Un monde d'hommes en robes

"Ma fille tu sais, la paperasse, c'est la nourriture principale du baveux..."

Depuis toujours, et ce même avant ma naissance, les avocats rythment ma vie. Je n'oserait dire cette phrase au passé, et pourtant...
Ils décident où je vis, sous quel(s) nom(s), avec qui et dans quel état d'esprit.

A se vouloir libre à tout prix on devient son propre prisonnier. 
A devoir porter un certain "pedigree" on en vient à se demander si le casier judiciaire ne serait  il pas aussi génétique? Stigmates trop profondes pour entacher un coeur trop lourd et trop blessé.

La "justice" en tant que telle ne correspond pas en son essence même au concept même de justice. Ce que le système judiciaire nous apprends c'est l'importance du flegme et de la patience, et l'absence de tout manichéisme. La personne qui t'attaque ou te juge ne cherche pas "la justice", elle cherche à nourrir, défendre et protéger ses propres intérêts. L'intérêt premier restant de garder la face...

"...ne lui fait pas le travail, laisse lui presser lui même ses propres billets, c'est qu'une petite affaire après tout, pour une toute petit fille."



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dimanche 6 mars 2011

Comme cela aurait du être fait...

Il y a eu un "crash", un vrai.
J'ai perdu pied, j'ai perdu confiance, j'ai perdu la foi, j'ai perdu la face, j'ai perdu mon nom, j'ai perdu mes certitudes et surtout je l'ai perdu, ELLE... Ca été long, ça été compliqué, ça été douloureux. Voir et sentir partir une personne que l'on aime plus que tout sans ne rien pouvoir faire pour la soulager, pour l'aider ou pour l'accompagner peut vous détruire. Se retrouver à attendre la libération de son âme pour se dire que "enfin" elle ne souffre plus... et se détester d'être toujours en vie.
Ca n'a pas été soudain et cela m'a dévorer inconsciemment. ELLE était forte, et je pensais l'être aussi. Mais au final, la maladie nous a tuée toutes les deux.

Culpabiliser.

J'avais pu partir avant tout cela. Je lui avait même demander. J'ai eu l'opportunité de me trouver à l'autre bout du monde et je ne voulais pas la laisser. Elle m'a dit d'y aller, que cela me ferait "du bien" et que cela me ferait grandir. Elle a, forcément, vu juste. Je suis partie et j'y ai vu une bonne partie de mes valeurs ébranlées, de mes évidences questionnées. Dans un pays où un(e) autre peut payer pour tes pensées, où la liberté de circuler n'existe pas (quant à la liberté d'expression, elle n'est qu'une notion obscure et abstraite) mes considérations occidentales insipides m'ont parues bien vaines. J'y ai côtoyé la pauvreté, l'autorité, l'absurdité... J'ai rencontré une toute autre philosophie de pensée. J'ai énormément appris et j'en suis sortir transformée. J'y ai trouvé ce que je cherchais.
Et soudain j'ai réalisé. Ma vie n'allait pas dans la bonne direction. Je n'allais pas dans la bonne direction. Alors j'ai stoppé.
Voilà.

Je suis rentrée et j'ai du d'emblée affronter la réalité. Mes propres problèmes m'ont rattrapés et surtout, ELLE m'a quittée, sans que je n'ai eu vraiment le temps de le réaliser. Rongée par la douleur et la  culpabilité, je n'ai plus d'autres choix que d'avancer. Me voici.



Et là, je recommence? Non. Je ne pense espère pas. 

J'avance. Comme j'aurais dû le faire depuis longtemps...
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